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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 20:38

 

07Raphael Blasselle gallery photo

Si je viens moins souvent bavarder avec toi c'est que je suis pas mal occupé ces temps-ci.

En plus de mes activités habituelles : faire les courses, bricoler, jardiner (activités de routine d'un retraité de base), je m'implique dans des actions sociales de la Croix Rouge.

Je m'occupe plus particulièrement des SDF.

Chaque jour, des équipes de la Croix Rouge vont au contact des gens qui vivent dans la rue et je fais partie d'une de ces équipes.

Le soir, en contact avec le n° d'urgence du samu social, nos camionnettes maraudent dans les rues pour recueillir ceux qui demandent un hébergement pour la nuit ou simplement pour offrir une soupe chaude, un café, une couverture, quelques minutes d'écoute, de sympathie, de chaleur humaine.

Le matin, c'est un point d'accueil qui est accessible aux SDF, pour prendre une douche, se procurer quelques vêtements mais aussi boire un café accompagné de quelques viennoiseries et surtout trouver pour quelques heures un lieu convivial où ils se retrouvent entre copains de galère et où les bénévoles s'efforcent de les recevoir avec sympathie et de les écouter avec attention.

Le problème c'est qu'il est bien difficile de côtoyer de très près la misère ordinaire sans en être profondément touché, sans être amené à se poser beaucoup de questions.

Il y a beaucoup de façons de se retrouver dans la rue et beaucoup de raisons de ne pas en sortir.

Les sociétés organisées n'ont jamais aimé les nomades parce qu'ils sont difficilement contrôlables. Notre société n'aime pas les Sans Domicile Fixe pour les mêmes raisons et elle s'en remet aux associations caritatives pour s'occuper de ces exclus.

Ceux qui sont tombés récemment, chômeurs en fin de droit, émigrés sans papiers et sans travail, travailleurs au salaire modeste qui n'ont pu continuer à payer un loyer en constante augmentation.

Ceux qui espèrent encore de s'en sortir et ceux qui n'espèrent plus rien

Les habitués des hébergements d'urgence, les squatters de lieux plus ou moins sordides, les campeurs permanents des parcs interdits, les dormeurs clandestins des coins d'escaliers, des entrées de garages ou des bancs publics.

Les équipes de bénévoles essaient de leur apporter une solution, oh combien provisoire, pour une nuit (les asiles de nuit remettent leurs occupants à la rue dès 7 heures du matin), un repas constitué des invendus de quelque boulangerie, une couverture, un café.

Avec la rage de faire si peu

Car enfin, comment peut-on tolérer ces détresses sans réagir. Comment un pays riche comme le nôtre, un pays qui paye si cher ses gouvernants et ses cadres supérieurs (j'ai entendu ce matin encore une émission où il était question des revenus scandaleux de l'ex patron de France telecom) peut-il se désintéresser à ce point de ses éléments les plus faibles?

Pourquoi manquons-nous tellement de moyens pour nourrir convenablement ceux qui ont faim, loger les sans abris, trouver du travail pour ceux qui peuvent encore envisager d'être réintégrés dans la société.

Et ceux pour qui il est trop tard, ceux qui ne peuvent plus retrouver une vraie place parce que trop malmenés, trop minés par l'alcool, trop faibles, trop malades, la société ne leur doit-elle pas une aide personnalisée et attentive.

On doit pouvoir trouver de l'argent pour ça ou on n'est pas un pays civilisé.

Les bénévoles mènent une action dérisoire, sans moyens, sans soutien

 Une action humaine et humanitaire infiniment désespérante.

 

                                     72511242sdf-jpg-copie-1

 

 


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Published by lejeune
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Gaia 01/03/2011 22:28



Je comprend tout à fait tes questionnements .Je suis moi même bénévole aux restos du coeur et je m'occupe des SDF  aide à l'hébergement repas chauds complets servis à table mais dans la rue
distributions de vêtements chauds 5aide importante de certains magasins de sport ) .Mais il est vrai que nous sommes limités et ça nous laisse beaucoup d'amertume car je pense que l'on pourrai
être plus aidés par les pouvoirs publics .L'argent malheureusement est le nerf de toutes les guerres .Bon courage dans les missions qui sont les votres .Amicalement



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